Régularisation des charges payées par le locataire : guide 2026

Sommaire

Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Régularisation des charges payées par le locataire : guide 2026

Les 7 étapes pour régulariser les charges payées par le locataire

Chaque année, la même question revient : avez-vous trop perçu, ou pas assez ? La régularisation des charges locatives, c’est précisément ce moment où vous remettez les compteurs à zéro entre les provisions versées par votre locataire et les dépenses réelles de l’année.

Sur le papier, rien de sorcier. En pratique, entre l’arrêté du syndic, la liste des charges récupérables et les délais à respecter, on peut vite se sentir noyé.

Bonne nouvelle : ce guide vous accompagne pas à pas. Vous allez voir comment calculer le solde, quels délais respecter, ce que vous avez le droit de refacturer et comment transmettre le décompte à votre locataire. 

La régularisation des charges locatives en 7 étapes

  1. Récupérez l’arrêté des comptes (syndic ou vos factures).
  2. Isolez la part récupérable selon le décret 87-713.
  3. Additionnez les provisions versées par le locataire.
  4. Calculez le solde : charges réelles − provisions.
  5. Rédigez un décompte détaillé, poste par poste.
  6. Prévenez le locataire au moins un mois avant et envoyez le décompte.
  7. Réclamez le complément ou remboursez le trop-perçu.
Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Qu'est-ce qu'une régularisation de charges locatives ?

La régularisation des charges locatives consiste à comparer, une fois par an, les provisions versées par votre locataire avec les charges réelles que vous avez réglées.

Provisions versées vs dépenses réelles : le principe

Tout part d’une estimation. Chaque mois, votre locataire vous verse une provision pour charges, en plus du loyer. Ce montant est calculé à l’avance, donc forcément approximatif.

À la fin de l’année, vous faites les comptes. Deux cas de figure :

  • les provisions dépassent les charges réelles → vous remboursez le trop-perçu à votre locataire ;
  • les provisions ne suffisent pas → vous lui réclamez le complément.

Cette mise à jour n’est pas une option. C’est une obligation légale, prévue par l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989, à effectuer au moins une fois par an. À vous de fournir un décompte clair et les justificatifs qui vont avec (on y revient plus bas).

Provision ou forfait : dans quels cas devez-vous régulariser ?

Vous ne régularisez que si les charges sont payées sous forme de provisions. Avec un forfait, pas de régularisation : le montant est fixe, point.

Tout dépend donc du mode de paiement inscrit dans le bail :

Provision sur charges Forfait de charges
Principe
Avance mensuelle estimée
Montant fixe mensuel
Régularisation annuelle
Oui, obligatoire
Non, jamais
Cas d'usage courant
Location vide (résidence principale)
Location meublée, colocation

Quelques repères pour ne pas vous tromper :

  • En location vide (résidence principale, loi de 1989), la provision avec une régularisation annuelle du montant des charges est la règle.
  • En location meublée, vous avez le choix entre provision et forfait. Si vous optez pour le forfait, vous ne pourrez jamais réclamer de complément, même si les charges grimpent.
  • En bail mobilité, le forfait est imposé : aucune régularisation possible.

Quel est le délai de régulation des charges locatives ?

Vous devez régulariser au moins une fois par an, dès que vous disposez des comptes définitifs de l’année écoulée, et vous devez prévenir votre locataire au moins un mois avant la régularisation.

La régularisation annuelle et la notification un mois avant

Le point de départ, c’est l’arrêté des comptes. En copropriété, c’est le syndic qui vous l’envoie, en général après l’assemblée générale annuelle. En propriété individuelle, vous vous appuyez sur vos propres factures et relevés.

Une fois ces comptes en main, une règle à retenir : vous devez prévenir votre locataire au moins un mois avant la régularisation. Ce délai lui permet de prendre connaissance des montants et de consulter les justificatifs s’il le souhaite. C’est aussi ce qui vous évite la mauvaise surprise d’un locataire qui découvre un complément de 300 € sans préavis.

Le délai de prescription de 3 ans (et le piège de la régul tardive)

Vous disposez de 3 ans pour réclamer les sommes dues, à compter de la fin de l’année concernée. Ce délai vaut dans les deux sens : votre locataire a lui aussi 3 ans pour contester ou réclamer un remboursement. 

Le piège ? Attendre. Si vous régularisez plus d’un an après la fin de l’année concernée, votre locataire peut exiger de régler le complément en 12 mensualités. Imaginez : vous lui réclamez 600 € de charges oubliées, il vous les paie à 50 € par mois sur un an. Votre trésorerie appréciera moyennement.

La bonne habitude : régularisez chaque année, dans la foulée de l’arrêté des comptes. Plus vous attendez, plus le recouvrement se complique.

Quelles sont les charges récupérables auprès du locataire ?

Vous pouvez récupérer uniquement les charges inscrites dans le décret n°87-713 du 26 août 1987. Cette liste est limitative : ce qui n’y figure pas reste à votre charge.

La liste des charges récupérables (décret 87-713)

Les charges récupérables couvrent les services et l’entretien courant dont profite directement votre locataire. Voici les grands postes :

Poste Ce que vous pouvez récupérer
Ascenseur
Électricité, entretien courant, petites réparations
Eau et chauffage collectifs
Consommation d'eau, énergie de chauffage, entretien des équipements
Installations individuelles
Entretien du chauffage, de l'eau chaude, de la distribution d'eau
Parties communes
Électricité, produits d'entretien, minuterie, vide-ordures, petit matériel
Espaces verts
Tonte, désherbage, nettoyage, produits de jardinage courants
Gardien / concierge
75 % des frais s'il assure ménage + sortie des poubelles, 40 % s'il n'en fait qu'une
Taxes
Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), redevance d'assainissement

Pour la liste exhaustive, poste par poste, consultez notre guide sur les charges locatives récupérables.

Un point qui surprend souvent : pour un gardien, vous ne récupérez jamais 100 % du coût, sauf s’il n’est pas logé dans l’immeuble. La règle des 75 % / 40 % dépend des tâches qu’il assure réellement.

Bon à savoir : si votre logement est en copropriété, le décompte du syndic précise déjà la part récupérable. Inutile de tout recalculer dans votre coin.

Les charges que vous ne pouvez pas refacturer

Tout les charges qui relèvent de la propriété, et non de l’usage, doivent être payées par le propriétaire. Concrètement, vous ne pouvez pas récupérer :

  • les gros travaux (toiture, ravalement, remplacement d’un ascenseur) ;
  • vos assurances, dont l’assurance propriétaire non occupant (PNO) ;
  • les honoraires de syndic ;
  • les améliorations que vous décidez sans accord du locataire.
Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Comment calculer la régularisation des charges locatives ?

Pour calculer la régularisation des charges locatives, vous comparez les charges réelles récupérables de l’année avec les provisions versées par votre locataire sur la même période. La différence, c’est le solde à régler.

La formule + un exemple chiffré complet

La formule tient en une ligne :

Charges réelles récupérables − Provisions versées = Solde

Deux résultats possibles :

  • solde positif → les charges ont dépassé les provisions, votre locataire vous doit un complément ;
  • solde négatif → il a trop versé, vous lui remboursez la différence.

Prenons un cas concret. Votre locataire verse 80 € de provision par mois, soit 960 € sur l’année. À la réception de l’arrêté du syndic, vous constatez 1 100 € de charges réelles récupérables.

Le calcul : 1 100 − 960 = 140 €. Votre locataire vous doit donc un complément de 140 €.

À l’inverse, s’il avait versé 1 200 € de provisions pour ces mêmes 1 100 € de charges, vous lui rembourseriez 100 €. Même logique, sens opposé.

Locataire entré ou parti en cours d'année : le calcul au prorata

Si votre locataire n’a occupé le logement qu’une partie de l’année, vous ne lui imputez que les charges correspondant à sa présence. C’est le calcul au prorata.

La méthode : ramenez les charges annuelles à un montant mensuel, puis multipliez par le nombre de mois d’occupation.

Exemple. Les charges récupérables de l’année s’élèvent à 1 200 €, soit 100 € par mois. Votre locataire arrive en avril et reste jusqu’en décembre, soit 9 mois.

Sa part : 100 × 9 = 900 €. S’il a versé 900 € de provisions sur ces 9 mois, le solde est nul. S’il a versé 1 000 €, vous lui remboursez 100 €.

Le réflexe à garder : un locataire ne paie jamais les charges des mois où il n’habitait pas le logement. Oublier le prorata, c’est s’exposer à une contestation légitime.

Transmettre le décompte des charges et les justificatifs

Une fois le solde calculé, vous devez transmettre à votre locataire un décompte de charges, au moins un mois avant la régularisation. C’est ce document qui rend votre demande recevable.

Ce que doit contenir le décompte de charges

Un décompte recevable ne se résume pas à un montant griffonné en bas d’un courrier. Il doit faire apparaître :

  • le détail de chaque poste de dépense ;
  • la distinction entre ce qui est à la charge du locataire et ce qui reste à la vôtre ;
  • le mode de répartition entre locataires, si le logement est dans un immeuble collectif ;
  • le total des provisions déjà versées sur la période ;
  • le solde à régulariser, complément ou remboursement.

Si les charges incluent un chauffage ou une eau chaude collectifs, ajoutez une note expliquant leur répartition. Plus votre décompte est clair, moins votre locataire a de raisons de contester.

Justificatifs à tenir 6 mois + mode d'envoi accepté

Vous n’êtes pas obligé d’envoyer les justificatifs avec le décompte, mais vous devez les tenir à disposition pendant 6 mois. Concrètement, votre locataire peut demander à consulter les factures, contrats d’entretien et relevés qui appuient vos chiffres. Gardez-les sous la main.

Côté envoi, bonne nouvelle : pas de formalisme imposé. Le recommandé n’est pas obligatoire, un courrier simple ou un e-mail suffit. Un seul réflexe : conservez une preuve de transmission (accusé, e-mail horodaté). Le jour où un locataire affirme n’avoir rien reçu, vous serez content de l’avoir.

Réajuster les provisions pour charges

La régularisation ne s’arrête pas au solde. C’est aussi le bon moment pour vérifier si le montant des provisions mensuelles est toujours réaliste. Trop bas, vous repoussez le problème d’un an. Trop haut, vous mobilisez inutilement la trésorerie de votre locataire.

La règle de bon sens : ajustez les provisions si l’écart entre les sommes versées et les charges réelles dépasse 20 %. En dessous, l’écart est acceptable, inutile de tout chambouler.

Un point de vigilance : ne calez pas le nouveau montant sur une année atypique. Des travaux exceptionnels ou un hiver particulièrement rigoureux gonflent les charges de façon ponctuelle. 

Enfin, si vous augmentez les provisions, prévenez votre locataire au moins un mois avant. Vous pouvez l’indiquer par courrier ou directement sur la quittance de loyer. 

Et si le locataire ne paie pas le complément ?

Un complément réclamé n’est pas toujours réglé sans accroc. Si votre locataire ne paie pas, l’escalade se fait par étapes, de la plus souple à la plus formelle :

  1. une relance amiable, par courrier simple ou e-mail ;
  2. une mise en demeure en lettre recommandée, avec le montant dû et un délai de paiement ;
  3. l’activation de la clause résolutoire du bail, si elle y figure ;
  4. le recours à la caution ou à votre assurance loyers impayés, le cas échéant.

Si le locataire a quitté le logement sans solder ses charges, vous pouvez engager une procédure d’injonction de payer. Un conseil de bon sens : pour une petite somme, une procédure longue coûte souvent plus cher que la dette. Privilégiez l’amiable tant que c’est possible.

Que faire en cas de contestation du locataire ?

Si votre locataire conteste, commencez par lui fournir les justificatifs qu’il demande, dans un délai raisonnable. Bien souvent, des factures claires suffisent à clore le débat.

Si le désaccord persiste, il peut adresser une réclamation écrite, puis saisir la commission départementale de conciliation, une démarche gratuite qui évite le tribunal. En dernier recours seulement, l’affaire se règle devant le tribunal judiciaire.

Votre meilleure protection reste la même du début à la fin : un décompte détaillé et des justificatifs carrés. 

Régulariser les charges locatives : ce qu'il faut retenir

La régularisation des charges locatives n’a rien d’un casse-tête réservé aux experts. Le principe tient en une comparaison : les provisions versées face aux charges réelles récupérables. Le reste, c’est de la méthode, récupérer les bons chiffres, calculer le solde, transmettre un décompte clair dans les délais, et garder vos justificatifs sous la main.

Faites-le chaque année, sans traîner, et vous éviterez l’essentiel des litiges. Un décompte carré vaut mieux qu’une longue explication.

Et si vous préfériez ne plus y penser ? C’est précisément ce qu’un logiciel de gestion locative en ligne comme Livimmo vous enlève de la tête : vos documents locatifs centralisés, vos courriers générés en quelques clics, et la gestion qui ne ressemble plus vraiment à de la gestion.

Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne

Essayez gratuitement notre logiciel de gestion locative en ligne